Symbole de la résistance de tout un peuple, le Président Yasser Arafat a été porté en terre par la foule de ceux avec qui il avait lutté pendant toute sa vie et que son combat a réussi à sortir des oubliettes de l’Histoire. Après avoir reconnu, dans la dynamique des accords d’Oslo, le droit à l’existence d’Israël, il n’a pourtant pas réussi à offrir à son peuple l’Etat libre et démocratique que lui-même et ses partenaires pour la paix, de concert avec la Communauté Internationale, avaient esquissé.
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Depuis l’échec de Camp David — négociations mal préparées et offres bien moins généreuses qu’on a voulu nous le faire croire —, la personne du Président Arafat a été systématiquement dénigrée par les dirigeants israéliens. Un véritable mitraillage médiatique a régulièrement associé son nom au terrorisme, l’a présenté systématiquement comme celui qui refuse la paix et a cherché à le discréditer aux yeux de l’opinion publique mondiale — avec la complaisance des Etats-Unis. Malgré le fait qu’il était retenu prisonnier dans son quartier général et que toute l’infrastructure du futur Etat Palestinien avait été dévastée par l’armée d’occupation israélienne, il fut accusé de tous les maux.
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Aujourd’hui le Président Arafat est décédé, mais le peuple palestinien va continuer sa lutte pour la reconnaissance de ses droits inaliénables avec le soutien de tous ceux qui sont animés par la volonté d’une paix juste et durable au Proche-Orient. Pour trouver une nouvelle direction légitime, des élections dans les Territoires occupés de Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est sont indispensables. Mais des élections démocratiques sont difficilement concevables dans un territoire sous occupation, coupé par des centaines de check points et de barrages. Le gouvernement israélien détient une responsabilité importante dans la mise en place de conditions nécessaires à de telles élections. Si la coexistence de deux Etats indépendants vivant en paix côte à côte semble être l’unique solution réaliste et le but affiché des différents plans de paix internationaux, on ne peut pas ignorer que l’arbitraire de l’occupation et le développement des colonies israéliennes nous en éloignent un peu plus chaque jour. Même le plan de retrait de Gaza risque de devenir un leurre de plus, une stratégie pour continuer à emprisonner une population entière et perpétuer l’emprise israélienne sur la Cisjordanie et la partie Est de Jérusalem. Un Etat palestinien viable ne peut se construire sur un territoire morcelé, dont les habitants continuent de se voir dépossédés de leurs terres et sont refoulés à l’intérieur d’enclaves de plus en plus réduites, conséquences directes de la construction du Mur et des colonies — toutes illégales. La création d’un Etat Palestinien et l’avènement d’une paix juste et durable pour les deux peuples ne sont pas compatibles avec la poursuite de l’occupation et le grignotage insidieux de ce qu’il reste des Territoires palestiniens situés derrière la « ligne verte » de 1967.
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La nouvelle direction palestinienne se trouve confrontée à un défi sans pareil : poursuivre et achever l’œuvre initiée par son premier Président. Mais le gouvernement Sharon se trouve lui aussi au pied du mur : les premiers gestes qu’il posera dans les prochaines semaines seront un signe de ses véritables intentions.
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Par ailleurs, face à la politique unilatérale et au soutien évident des Américains à l’État d’Israël — qui discrédite les États-Unis dans leur rôle de médiateur, tout plan de paix est condamné à rester lettre morte si les pays européens ne s’engagent pas de manière courageuse, claire et unie dans le cadre des résolutions des Nations-Unies, dans la foulée des Accords d’Oslo, des propositions de Camp David et de Taba et des Accords de Genève. Nous appelons la future Présidence luxembourgeoise de l’Union européenne à mettre tout en œuvre dans cette direction.